UNIVERSEL
terrible pour ceux qui les négligent ou les repoussent. C'était la pensée de l'Apôtre quand il suppliait les Corinthiens « de ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu : » Ne in vacuum gratiam Dei recipiatis (1). Nous le savons, Nos très chers Frères, et nous en éprouvons d'avance une grande joie : l'annonce du Jubilé sera accueillie avec bonheur dans notre religieux diocèse ; vous vous empresserez pour la plupart de vous associer à cette manifestation solennelle de la foi et de la piété catholiques. Mais combien plus douce et plus vive serait notre consolation, s'il nous était permis d'espérer que tous, sans exception, mettront à profit une occasion si favorable pour assurer le salut de leur âme ! Car, quelles que puissent être d'ailleurs vos préoccupations de l'heure présente, elles disparaissent devant cet intérêt, le premier et le plus essentiel de tous. Qu'importe tout le reste, si par notre négligence ou par notre faute, nous ne parvenons pas à sauver notre âme ? La figure de ce monde passe, nous dit l'Apôtre ; prœterit enim figura hujus mundi (2) ; mais ce qui demeure, c'est
(1) 2e aux Cor., vi, 1.
(2) 1" aux Cor., vu, 31.
notre âme immortelle. Autour de nous, les esprits s'inquiètent et s'agitent; mais, dans le mouvement qui emporte les hommes et leurs œuvres, le souci de notre avenir éternel reste, pour chacun de nous, la grande chose, la seule chose vraiment nécessaire : porro unum est necessarium (1). Sur cette scène mobile où tous paraissent et disparaissent tour à tour, les uns montent, les autres descendent, suivant le cours des événements ; mais, comme l'a dit l'éternelle vérité, que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme : Quid enim prodest homini si mundum universum lucretur , animce vero suce detrimentum patiatur (2) ? Le temps du Jubilé est fait pour rappeler ces grandes et salutaires pensées. Unis dans la prière avec le reste du monde chrétien, purifiés et fortifiés par la grâce des divins sacrements, affranchis de nos dettes envers la justice divine, nous pourrons jeter sur le passé un regard moins inquiet et envisager avec plus de confiance l'avenir que la mort ouvrira devant
(i) S. Luc, x, 42.
(2) S. Matth.,xvi, 26.