DE L'EGLISE
triste et sinistre mémoire. Si elle n'est pas encore arrivée jusqu'aux extrémités dont vos pères ont été les témoins et les victimes à la fin du siècle dernier, la lutte actuelle n'en est pas moins pleine de menaces et d'alarmes. Pour nos athées modernes comme pour leurs prédécesseurs de 93, il ne s'agit de rien moins que de déchristianiser de haut en bas la société française, afin de la manier et de la pétrir à leur gré, sachant bien que dans un pays d'où l'on aurait réussi à bannir Dieu et son Christ, il n'y aurait plus de place que pour la tyrannie et la servitude.
Mais ils avaient compté sans les progrès que le catholicisme a faits en France depuis cinquante ans, et cela dans tous les rangs de la société. Ces progrès se sont manifestés, à l'heure de la lutte, éclatants et palpables. Aussi, l'agression n'a-t-elle abouti qu'à mettre en évidence la force du sentiment chrétien. Je ne sais pas si, dans l'histoire de l'Église en France, il y a eu beaucoup de mouvements comparables à celui qui s'est produit dans cette année 1880. Cette union que rien n'a pu rompre, de l'Épiscopat, du clergé séculier et du clergé régulier dans une identité parfaite de vues et de sentiments ; ce concert