NOTICE
même qu'on n'y retrouverait pas les l>elles pages sur Rome , ce morceau serait encore intéressant comme tableau exact de l’état de l'Europe à celte époque.
Montaigne était à Lucques lorsque ses concitoyens l’honorèrent de leur choix pendant son absence, et rappelèrent pour succéder, dans les fonctiousde maire de Bordeaux, au maréchal de Matignon ’. Il se hâta de quitter l'Italie et vint à Bordeaux, oii il sut justilier par sa bonne administration l’est i me de ses concitoyens.' Je lis dans les Mémoires de deThou * à l’année 1381 :
■ M. de Thon tira encore bien des lumières de Michel «le Montaigne, alors maire de Bordeaux, homme franc, ennemi de toute contrainte, et «|ui n'était entré dans aucune cabale, d'ailleurs fort instruit de nos affaires, principalement de celles de la Guienne, sa- patrie, qu’il connaissait à fond.*
Quelques pages plus loin, à l’année 1588, de Thon met encore plus en relief l’habileté politique de Montaigne :
« Avant les troubles de Paris, dil-il * Michel de Montaigne était venu h la cour; il l’avait suivre à Chartres, à Rouen, et était alors a Blois II était «les amis particuliers «In president «le Thon et le pressait tous les jours de songer sérieusement k l’ambassade «Je Venise , qu'on lui destinait depuis le retour d’André Hurnult de Meisse, parent du chancelier. Lui-même avait dessein d’aller à Venise; et, pour Py engager davantage, il lui promettait de ne le point quitter durant tout le séjour qn’il y ferait. Comme ils s’entretenaient des causes des troubles, Montaigne lui dit : Qu’autrefois il avait servi de médiateur entre le roi «le Navarre et le duc de Guise, lorsque ces deux princes «Paient à la cour; que ce dernier avait fait tontes les avances, par ses soins, ses services, ses assiduités, pour gagner l'amitié, du roi de Navarre; mais qu’ayant recounu qu'il le jouait , et après toutes Ses démarches , u’ayant trouvé eu lui qu’un ennemi implacable, qu'il avait eu recourt k la guerre, comme à la dernière ressource «pii pût défendre l’honneur «le sa maison; que l’aigreur de ces deux esprits était le principe d’une guerre «pi’on voyait aujourd’hui si allumée «pie la mort seule de l'un ! ou de l’autre pourrait la faire finir ; que le duc de Guise et ceux de. sa nutisoii lie se croiraient jamais en sûreté tant que le roi «le Navarre vivrait ; que ccîoici,dc son côte, était persuadé qu’il ne pourrait faire valoir son droit à la succession de la couronne pendant la vie «lu duc : * Pour la religion , ajouta-t-il , dont tous les «leux font parade, c'est un beau pré-
(i) Nonfcrigut) «»»it taHnéme pour «urct^eur le marccM H# Biron.
(IJ Dans un des volumes <1u Panthéon , p. SW,
Ci) P. C2S et CsK>.
texte pour se faire suivre par ceux de leur parti, mais la religiou lie les touche ai l’un ni l’autre. La «raintc d’être abandonné des protestants empêche seule le roi de Navarre de rentrer dans la religion «le ses pères, et le duc ne s’éloignerait pas de la confession d’Augsbourg que son oncle Charles, cardinal de Lorraine, lui a fait goûter, s'il pouvait la suivre sans préjudicier ks«*s intérêts. • Que c’était la le sentiment qu’il avait reconnu dans ces princes, lorsqu'il se mêlait de leurs affaires. •
Montaigne fait lui-même allusion à ces n«*goriatjons dans scs j Essais*.
• En ce peu, dit-il, «pic j’ay eu k négocier entre nos princes, en ces divisions et subdivisions qui nous (léchiiTiil aujourd’htiy , j’ay curieusement évité qu'ils se ntesprinsscnl en moy et s’enferrassent en mon masipie. •
Il fut lié entre autres avec le vieux MouMiic dont il parle d’une manière touchante* :
« Il me fesoit, dit-il, surtout valoir le desplaisir et crève-cneur qu’il scntnitde ne s’estre jamais communiqué k son fils ; et sur ceste humeur d'une gravi lé et grimace paternelle, avoit perdu la commodité «le gouster et bien cormoistre son fils, et aussi de lui d«;clarcr ï’extreme amitié qu'il fui portoit, et le digne jugement qu'il fesoit de sa vertu. *
Montaigne passa les dernières années de sa vie, tantôt k Pans, dont if avoit aiinc dès sa jeunesse la vie facile et douce, tantôt dans son château de Montaigne, oh il mourut en 1392. Estienne Pasquier «pii fut son ami, raconte ainsi ses derniers instants*.
-Ne pensez pas «pie sa mort ait esté autre que le general de ses écrits. Il mourut en sa maison de Montaigne, où lui tomba une csqaiuaucie sur la langue, de façon qu’il demeura trois jours entiers, plein «rentendemeut, sans pouvoir parler; au moyen de «pioi il estoit constraint d’avoir recours k sa pl mue pour ferre entendre ses volontés. Et comme il sentit sa fin approcher, il pria, par un petit bulletin, sa femme de semoncer «pielqnes gentils-hommes siens voisins, afin de prendre congé d’eux. Arrivés qu’ifo furent, il fit dire la messe en sa chambre ; et comme le prestre estoit sur l’eslévation dut' orpus Domini , ce. pauvre gentil-homme s’élança, au moins mal qu’il pent, snr son lit, les mains jointes, et à ce dernier acte rendit son esprit k Dieu ; qui fut un beau miroir de l’intérieur de son ame. •
Sa veuve, Françoise de la Chassaigne, lui fit élever n n tombeau dans «ne église qui est aujourd’hui celle «lu eollége k Bordeaux, et un descendant «le sa femillc le fît rétablir, en 1803, dans la première chapelle k gauche de l’autel.
il) !.. lll.cliap », p. 440. — (i)L. U, chap. g. — 1 3) Lettre
iviu. j
STR MONTAIGNE
De nombreux volumes onl été écrits sur Montaigne. On peut en voir l'indication à la suite de celte notice biographique, dans la Sot ire bibliographe- ■ ÿuede M.Payen. L’écrivain qui, selon moi. a fait la plus juste appréciation de l'homme et de l'époque, est le savant M. Biot; son éloge de Montaigne, qui n'a pas été couronné par l'Académie, est aussi bien ; écrit que bien pensé.
Pour rendre cette édition aussi complète que possible j'y ai ajouté le Voyage en Italie, les lettres et jusqu’aux avis écrits par lui sous la dictée de \ Catherine de Médieis, et probablement par son
inspiration. Les index publiés jusqu'ici ne m'ayant pas paru satisfaisants, même celui de l'édition de Desner, M. Le Mesle a bien voulu se charger d’en rédiger un sur un plan plus philosophique et plus conforme aux idées qui doivent diriger dans la lecture des Essais de Montaigne.
J'ai suivi le texte de l'édition en 5 vol. in-8 de M. Lefevre en la revoyant sur celle de Desoër, qui offre parfois de meilleures leçons. La traduction ! dos citations grecques et latines est île M. J. V. Leclerc.
AS- MUNCIPAni R\j.XF.MKMS tYF.Nr.JIF.MS
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li JJ X»i*»»nee dr Montaigne, I» »g février. «U rUlrau de Si Midiel air MonlJiJliif.
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14. 14. On IVtiiaiie au collège <Ip Guienne a Borde au* lH& la II ion» le* prnaiir-n parataiaiapi dini In tragédie» Utitu r iH6 |5 II «nrt du ralU-gc et fait um | cour» de droit.