‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 295 sur 449 · CII AP. XXX · texte numérisé non relu

CII AP. XXX

pas à Dieu, qui veoid en l’immensité de son ouvrage l’infinité des formes qu’il y a comprinses; et est à croire que ceste figure qui nous estonne se rapporte et tient à quelque aultre figure de mesme genre incogneu à l’homme. De sa toute sagesse il ne part rien que bon, et commun, et réglé; mais nous n’en veovons pas l’assortiement et la relation : Quod crebro videt non miratur, diamsi, cur fiai , nescil. Quod ante nonvidit.id, si evenerit, ostentum esse censel*. Nous appelions contre nature ce qui advient contre la couslume ; rien n’est que selon elle, quel qu’il soit. Que ceste raison universelle et naturelle chasse de nous l’erreur et l’estonnement que la nouvelleté nous apporte.

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