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croire qu'on ne vit en paix qu'à Paris, qu'on s'égorge partout ailleurs, ou que par une ialalité déplorable, les hommes qui habitent cette ville immense sont un peuple de scélérats. Mais point du tout. Dans tous les pays du monde on peul dire, avec Fénelon. que jtrcsque tous les honnêtes gens sont /teuple-^ et celui de notre capitale, loin d'être plus méchant (pi'nn autre, est plus mol, plus frivole, mieux façonné à l'esclavage, et tout cela le rend plus facile à contenir. D'un autre côté, en vérité, l'on vit assez bien ailleurs, et l'on y dort tranquillement sans des précautions si recherchées*.
Applaudissez-vous de votre police, ô Parisiens! la malpropreté de votre peuple et de vos rues vous infecte; vos maisons excessivement exhaussées interceptent le cours de l'air, ou follement suspendues- sur les eaux elles en arrêtent It'S vapeurs, et vous menacent continuellement de votre ruine. Vos marchands de vin vous empoisorment ; vous avez loute la liberté nécessaire pour préparer vos aliments dans le plus dangereux des métaux; vos charlatans de toute espèce se jouent impunément de votre vie : les livres de médecine, les remèdes, les recettes les plus absurdes, imprimés avec la sanction publique, mettent des armes tranchantes dans les mains de plusieurs milliers d'ignorants et d'insensés : on tend à vos santés et à vos bourses les pièges les plus multipliés et les plus dangereux; des préjugés extravagants et funestes se maintiennent par voire d'autorité ou d'intrigue; vos cloches appellent la foudre sur vous, sur vos maisons, et pour honorer Dieu exposent continuel'ement la vie des hommes; une vapeur pestilentielle s'exhale des tombeaux sur lesquels vous marchez, et où l'on vous enferme quelquefois vivants, ou du moins sans que votre mort soit Jamais constatée, quoique des témoins qui n'ont rien vu l'attestent; vos hôpitaux sont un foyer continuel de maux horribles et- font frémir l'humanité ; vous