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UES LETTRES DE CACHET ET DES PRISONS DETAT 17o
Sultan orgueilleux, qui ne connut jamais d'autre règle qur sa volonté, et osa l'ériger en loi; qui régit son peuple par des lettres de cachet, et les fit voler au-delà des mers; qui réunit aux folies du pouvoir arbitraire les fureurs de fintolérance, et défendit, sous peine de galères et de confiscation, à ses sujets, à des Français, à des hommes enfin, de s)rtir du royaume, tandis qu'il en tourmentait un million avec le glaive du fanatisme; (Saint-Barthélémy nouvelle presque aussi odieuse que la première, et cent fois plus funeste, qui livra trois autres millions de sectaires aux outrages de ses janissaires; qui voulut forcer un peuple libre à reprendre un tyran; qui sacrifia vingt millions d'hommes à ce qu'on n'a pas rouui d'appeler sa gloibi:, et prit cette devise insensée, seul contre tous. Exacteur impitoyable qui dévoua sa nation à toutes les horreurs fiscales que nécessitèrent cinquante ans de combats; qui l'écrasa de son fasle et l'obéra pour jamais, moins encore par la quantité énorme des impôts, que par leur forme pernicieuse et l'impéritie dç son administration; qui, le premier, établit lautorité des impositions directes (a), et chargea l'Etat, en vingt ans, de quinze cents millions de rentes (6); qui donna l'exemple des édits bursaux, multipliés depuis sous tant de formes, et rassembla une foule d'insatiables traitants devenus nécessaires parleurs brigandages même, et parvenus à faire la loi au despote. Administrateur inepte, qui sacrifia les richesses naturelles et presque incalculables de son pays aux illusions ruineuses des intérêts mercantiles, oubliant absolument le véritable emploi du ( ommerce et celui de l'argent, et les notions les plus simples (le l'ordre naturel; qui encouragea le luxe le plus destructeur, celui de décoration, et le trafic de l'argent qui ruine lagriculture, corrompt les mœurs et échappe à l'impôt; qui, sans cesse, eut recours à l'usure, aux mutations dans les monnaies, aux réductions forcées d'intérêts, aux alié-
(a) La capitation et le dixième.
(6) Dans les proportions actuelles de l'argent avec celles des biens, "300 millions d'alors équivalant à 000 millions, poids du marc.
nations du domaine, à toutes les extorsions imaginables, aux engagements impossibles à tenir, aux expédients les plus violents et les plus ruineux. Dissipateur aveugle, qui créa pour deux millions d'offices, impôt terrible et ridiculement déguisé, et qui laissa plus de quatre milliards de dettes Roi qui connut si mal les hommes, quoiqu'on en ait pu dire, que lorsqu'il voulut ce qu'il appelait les former. il ne recueillit, de ses présomptions et de ses efforts, que des malheurs et de la honte (^i), qui ignora tellement la vraie grandeur, qu'il provoqua les flatteries les plus basses, les plus dégoûtantes et les plus folles; qui porta si loin l'égoïsme qu'un des conseils que, dans sa profonde sagesse, il donnait à l'un de ses petiis-fils, c'était de ne s'nt acher jana'S à personne, qui fut si insolemment vain, qui méprisa si ouvertement la nation, alors illustrée par tant de grands hommes, qu'après l'avoir corrompue par le scandale de sa Cour et de son propre ex.emjjle, il osa lui désigner pour maîtres les fruits de ses débauches : homme enfin, en qui tout fut médiocre, excepté son caractère plus singulier que grand, si toutefois, il n'y entra pas encore plus d'affectation que de singularité; et la fortune qui plaça son règne dans l'époque la plus brillante, peut-être, des révolutions de l'esprit humain... Voilà le monarque que nous appelons encore Louis-ll-Gkand'.