‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 20 sur 433 · GÉRONTE, ARGANTE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, ARGANTE

GÉRONTE

xjui , sans doute , par le tems qu'il fait nous aurons ici nos gens aujourd'hui ; et un matelot qui vient de Tarente , m'a assuré qu'il avoit vu mon homme qui étoit près de s'embarquer. Mais l'arrivée de ma fille trouvera les choses mal disposées à ce que nous nous proposions; et ce que vous venez de m'apprendre de votre fils , rompt étrangement les mesures que nous avions prises ensemble.

ARGANTE

Ne vous mettez pas en peine ; je vous réponds de renverser tout cet obstacle , et j'y vais travailler de ce pas.

GÉRONTE

Ma foi, Seigneur Argante , voulez-vous que je vous dise ? L'éducation des enfans est une chose à quoi il faut s'attacher fortement.

46 LES FOURBERIES DE SCAPItf.

ARGANTE

Salis doute. A quel propos cela ?

GÉRONTE

A propos de ce que les mauvais déportemens des jeunes gens viennent le plus souvent de la mauvaise éducation que leurs pères leur donnent.

ARGANTE

Cela arrive par fois. Mais que voulez-vous dire par-là ?

GÉRONTE

Ce que je veux dire par-là ?

ARGANTE

Oui.

Que si vous aviez , en brave père , bien morigéné votre fils, il ne vous auroit pas joué le tour qu'ils vous a fait.

ARGANTE

Fort bien. De sorte donc que vous auriez bien mieux morigéné le vôtre ?

GÉRONTE

Sans doute ; et je serpis bien fâché qu'il m'eût rien fait approchant de cela.

ARGANTE

Et si ce fils , que vous avez , en brave père , si bien morigéné , avoit fait pis encore que le mien ? Hé ?

GÉRONTE

Comment ?

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