ACTE III. SCENE VI. 35i
Oui ; mais j'y suis blessée, et ce n'est pas mon compte De souffrir dans mon sang une pareille honte. La beauté du visage est un frêle ornement , Une fleur passagère , un éclat d'un moment, Et qui n'eM attaché qu'à la simple épiderme *; Mais celle de l'esprit est inhérente et ferme. J'ai donc cherché long-tems un biais dde vous donner La beauté que les ans ne peuvent moissonner, De faire entrer chez vous le désir des sciences , De vous insinuer les belles connoissances ; Et la pensée enfin où mes vœux ont souscrit ; C'est d'attacher à vous un homme plein d'esprit.
( montrant Trissotin. ) Et cet homme est monsieur, que je vous détermine* Avoir comme l'époux que mon choix vous destine.
HENRIETTE
Moi ! ma mère ?
PHILAMINTE
Oui, vous : faites la sotte , un peu 7. B E L i s e à Trlssotin.
Je vous entends,* vos yeux demandent mon aveu Pour engager ailleurs un cœur que je possède. Allez, je le veux bien. A ce nœud je vous cède ; C'est un hymen qui fait votre établissement.
TRISsotin à Henriette.
Je ne sais que vous dire en mon ravissement,
Madame ; et cet hymen dont je vois qu'on m'honore, Me met....
HENRIETTE
Tout beau ! Monsieur; il n'est pas fait encore; Ne vous pressez pas tant.
Comme vous répondez ï Savez-vous bien que si... Suffit. Vous m'entendez.
( à Trissotin ) Elle se rendra sage. Allons, laissons-la faire.