‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 233 sur 433 · CHRISALE , CLITANDRE , HENRIETTE , MARTINE · texte numérisé non relu

CHRISALE , CLITANDRE , HENRIETTE , MARTINE

CHRISALE.

Ah ! ma fille, je suis bien aise de vous voir ; Allons , venez-vous en faire votre devoir , Et soumettre vos vœux aux volontés d'un père. Je veux, je veux apprendre à vivre à votre mère ; Et, pour la mieuxbraver, voilà, malgré ses dents,, Martine que j'amène et rétablis céans.

HENRIETTE

Vos résolutions sont dignes de louange.

Gardez que cette humeur, mon père, ne vous changer Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez ; Et ne vous laissez point séduire à vos bontés n. Ne vous relâchez pas ; et faites bien en sorte D'empêcher que sur vous ma mère ne l'emporte.

CHRISALE.

Comment ? me prenez-vous ici pour un benêt ?

M'en préserve le ciel !

CHRISALE.

Suis-je un fat, s'il vous plaît ?

HENRIETTE

Je ne dis pas cela.

CHRISALE.

Me croit-on incapable Des fermes sentimens d'un homme raisonnable?

HE NRIE TTE.

Non , mon père.

CHRISALE.

Est-ce donc qu'à Ta ge où je me voï, Je n'aurois pas l'esprit d'être maître chez moi?

HENRIETTE

Si fait.

CHRISALE.

Et que j'aurois cette foiblesse d'ame , De me laisser mener par le nez à ma femme ?

HENRIETTE

Eh ! non, mon père.

CHRISALE.

Ouais ! qu'est-ce donc que ceci ?

Je vous trouve plaisante à me parler ainsi !

Si je vous ai choqué , ce n'est pas mon envie.

CHRISALE.

Ma volonté céans doit être en tout suivie.

Page 1