ACTE V. SCENE IV. 3gi
rd Philaminte.) L'une ,pour vous , me vient de votre procureur ;
(i Chrisale.
L'autre, pour vous , me vient de Lyon.
PHILAMINTE
Quel malheur, Digne de nous troubler, pourroit-on nous écrire ?
A Ri s TE.
Cette lettre en contient un que vous pouvez lire.
PHILAMINTE
Madame y j'ai prié Monsieur votre frère de vous rendre cette lettre, qui vous dira ce que je n'ai osé vous aller dire. La grande négligence que vous avez pour vos affaires , a été cause que le clerc de votre rapporteur ne m'a point averti , et vous avez perdu absolument votre procès que vous deviez gagner»
chrisale à Philaminte.
Votre procès perdu !
PHILAMINTE à Chrisale.
Vous vous troublez beaucoup!
Mon cœur n'est point du tout ébraulé de ce coup. Faites , faites paroître une ame moins commune Abraver, comme moi, les traits de la fortune.
Le peu de soins que vous avez , vous coûte quarante mille écus ; et c'est à payer cetl&
somme , avec les dépens , que vous êtes condamnée par arrêt de la cour.
Condamnée ? Ah ! ce mot est choquant , et n'est fait Que pour les criminels!
ARIS T E
Il a tort, en effet; Et vous vous êtes-là justement récriée. . Il devoit avoir mis que vous êtes priée , Par arrêt de la cour , de payer au plutôt Quarante mille écus , et les dépens qu'il faut.
PHILAMINTE
Voyons l'autre.
C H R I S A LE
Monsieur 3 V amitié qui me lie à Monsieur votre frère , méfait prendre intérêt à tout ce qui vous touche. Je sais que vous avez mis votre bien entre les mains d' Argante et de Damon , et je vous donne avis quen même jour ils ont fait tous deux banqueroute.
Ociel! tout-à-la-fois , perdre ainsi tout son bien!
philaminte à Chrisale.
Ah ! quel honteux transport. Fi .Tout cela n'est rien : 11 n'est pour le vrai sage aucun revers funeste ; Et, perdant toute chose, à soi-même il se reste. Achevons notre affaire , et quittez votre ennui.
(montrant Trissotin.) Son bien nous peut suffire et pour nous et pour lui,