ACTE I. SCENE I. là
SILVESTRE
Tonte* nos affaires.
OCTAVE
Ah ! parle , si tu veux, et ne te fais point , de la sorte, arracher les mots de la bouche.
SILVESTRE
Qu'ai-je à parler davantage ? Vous n'oubliez aucune circonstance , et vous dites les choses tout justement comme elles sont.
Conseille-moi , du moins , et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.
SILVESTRE
Ma foi , je m'y trouve autant embarrassé que vous , et j'aurois bon besoin que l'on me conseillât moi-même.
octave.
Je suis assassiné par ce maudit retour.
SILVESTRE
Je ne le suis pas moins.
OCTAVE
Lorsque mon père apprendra les choses , je vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes.
SILVESTRE
Les réprimandes ne sont rien, et plût au ciel que j'en fusse quitte à ce prix ! mais j'ai bien la
ï6 LES FOURBERIES DE SCAPIN.
mine, pour moi , de payer plus cher vos folies; et je vois se former , de loin, un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.
OCTAVE
O ciel ! par où sortir de l'embarras où je me trouve !
SILVESTRE
C'est à quoi vous deviez songer 9 avant que de vous y jeter.
Ah ! tu me fais mourir par tes leçons bors de saison.
SILVESTRE
Vous me faites bien plus mourir par vos actions étourdies.
octave.
Que dois- je faire ? Quelle résolution prendre ? A quel remède recourir ?