‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 31 sur 433 · ACTE II. SCENE VII. 6t · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE VII. 6t

Me traiter de coquin , de fripon , de pendard , d'infâme !

LÉANDRE

J'en ai tous les regrets du monde.

SCAPIN

Me vouloir passer son épée au travers du corps !

LÉANDRE

Je t'en demande pardon de tout mon cœur ; et s'il ne tient qu'à me jeter à tes genoux , tu m'y vois , Scapin , pour te conjurer encore une fois de ne me point abandonner.

octave.

Ah ! ma foi , Scapin , il faut se rendre à cela.

SCAPIN

Levez-vous. Une autre lois , ne soyez pas si prompt.

LÉANDRE

Me promets-tu de travailler pour moi ?

SCAPIN

On y songera.

LÉANDRE

Mais tu sais que le tems presse.

SCAPIN

Ne vous mettez pas en peine. Combien est-ce qu'il vous iaut ?'

6a LES FOURBERIES DE SCAPIN.

LÉANDRE

Cinq cents écus.

SCAPIN

Et à vous ?

OCTAVE

Deux cents pistoles.

SCAPIN

Je veux tirer cet argent de vos pères.

( à Octave. ) Pour ce qui est du vôtre , la machine est déjà

( à Lcandre. ) toute trouvée. Et quant au vôtre , bien qu'avare au dernier degré , il y faudra moins de façon encore ; car vous savez que pour l'esprit , il n'en a pas , grâces à Dieu , grande provision , et je le livre pour une espèce d'homme à qui Ton fera toujours croire tout ce que l'on voudra. Cela ne vous offense point ; il ne tombe entre lui et vous aucun soupçon de ressemblance ; et vous savez assez l'opinion de tout le monde , qui veut qu'il ne soit votre père que pour la forme.

LÉANDRE

Tout beau, Scapin.

SCAPIN

Bon, bon ; on fait bien scrupule de cela. Vous moquez-vous ? Mais j'appcrcois venir le père d'Octave. Commençons par lui , puisqu'il se

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