ACTE I. SCENE II. 5r
que de mon côté j'aye le plaisir de pleurer ; chacun le sien , ce n'est pas trop. Ah !
ARGAN
Allons , il en faut passer par-là. Ote-moi ceci , coquine , ôte-moi ceci. Ç^prës s'être levé). Mon lavement d'aujourd'hui a-t-il bien opéré?
TOINETTE
Votre lavement ?
ARGAN
Oui. Ai-je bien fait de la bile ?
TOINETTE
Ma foi ! je ne me môle point de ces affaires-là; c'est à Monsieur Fleurant à y mettre le nez ; puisqu'il en a le profit.
ARGAN
Qu'on ait soin de me tenir un bouillon prêt, pour l'autre que je dois tantôt prendre.
TOINETTE
Ce Monsieur Fleurant-là etceMonsienrPurgon s'égayent bien sur votre corps ; ils ont en vous une bonne vache à lait j et je voudrois bien liMir demander quel mal vous avez pour vous faire tant de remèdes.
ARGAN
Taisez-vous , ignorante ; ce n'est pas à vous à
5i6 LE MALADE IMAGINAIRE, contrôler les ordonnances de la médecine. Qu'on me fasse venir ma fille Angélique : j'ai à lui dire quelque chose.
TOI N ETTE
La voici qui vient d'elle-même ; elle a deviné votre pensée.