SCENE VIL
ARGAN, BÉLINE, TOINETTE.
Madame.
BÉLINE.
Pourquoi donc est - ce que vous mettez mon mari en colère ?
toinette d'un ton doucereux.
Moi , Madame ? hélas ! je ne sais pas ce que vous me voulez dire , et je ne songe qu'à complaire à Monsieur en toutes choses.
ARGAN
Ah , la traîtresse !
TOINETTE
Il nous a dit qu'il vouloit donner sa fille en mariage au fils de Monsieur Diafoirus : je lui ai répondu que je trouvois le parti avantageux pour elle, niais que je croyois qu'iM'eroit mieux de la mettre dans un couvent.
BÉLINE.
Il n'y a pas si grand mal à cela, et je trouve qu'elle a raison.
Ah! mamour, vous la croyez ? C'est une scélérate : elle m'a dit cent insolences.
BÉLI NE.
Hé bien! je vous crois, mon ami. Là, remettezvous. Ecoutez , Toinette : si vous fâchez jamais mon mari , je vous mettrai dehors. Çà , donnezmoi son manteau fourré , et des oreillers , que je l'accommode dans sa chaise. Vous voilà , je ne sais comment. Enfoncez bien votre bonnet jusque sur vos oreilles ; il n'y a rien qui enrhume tant que de prendre l'air par les oreilles.
A m G AN.
Ah! ma mie, que je vous suis obligé de tous les soins que vous prenez de moi !
BÉLine accommodant les oreillers qiïelle met
autour d'^rgan.
Levez-vous, que je mette ceci sous vous. Mettons celui-ci pour vous appuyer ; et celui-là de l'autre côté. Mettons celui-ci derrière votre dos, et cet autre-là pour soutenir votre tête.
toinette lui met tint rudement un oreiller sur la tête.
Et celui-ci pour vous garder du serein.
Argan se levant en colère , et jetant les oreillers
à Toinette qui s'enfuit.
Ah! coquine, tu veux m 'étouffer.