SCENE X
ANGÉLIQUE, TOINETTE
TOINETT E.
Les voilà avec un notaire, et j'ai ouï parler de testament. Votre belle -mère ne s'endort point ; et c'est sans doute quelque conspiration contre vos intérêts, où elle pousse votre père.
ANGÉLIQUE
Qu'il dispose de son bien à sa fantaisie , pourvu qu'il ne dispose point de mon cœur. Tu vois , Toinette , les desseins violens que l'on fait sur lui. Ne m'abandonne point , je te prie , dans l'extrémité où je suis.
TOI N ETT E.
Moi, vous abandonner ? J'aimeroîs mieux mourir. Votre belle-mère a beau me faire sa confidente, et me vouloir jeter dans ses intérêts , je n'ai jamais pu avoir d'inclination pour elle; et j'ai toujours été de votre parti. Laissez -moi faire , j'emploierai toute chose pour vous servir ; mais pour vous servir avec plus d'effet, je veux changer de batterie , couvrir le zèle que j'ai pour vous, et feindre d'entrer dans les sentimens de votre père et de votre bellemère.