ACTE II. SCENE VI
THOMAS DIAFOIRUS
Mademoiselle , 'ne plus ne moins que la statue de Memnon rendoit un son harmonieux , lorsqu'elle venoit à être éclairée des rayons du soleil , tout de même me sens-je animé d'un doux transport à l'apparition du soleil de vos beautés; et comme les naturalistes remarquent que la fleur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet astre du jour , aussi mon cœur dores en avant tournera-t-il toujours vers les astres resplendissans de vos yeux adorables , ainsi que vers son pôle unique. Souffrez donc , Mademoiselle , que j'appende aujourd'hui à l'autel de vos charmes l'offrande de ce cœur qui ne respire et n'ambitionne autre gloire , que d'être toute sa vie , Mademoiselle , votre trèshumble , très-obéissant , et très-fidèle serviteur et mari.
TOINET TE.
Voilà ce que c'est que d'étudier ! on apprend à dire de belles choses.
A R g A n à Cléante.
Hé ! que dites-vous de cela ?
CLÉANTE
Que Monsieur lait merveilles , et que s'il est aussi bon médecin qu'il est bon orateur , il y aura plaisir à être de ses malades.