ACTE III. SCENE VI. 65f
ARGAN
Cest mon frère ....
Que je ne veux plus d'alliance avec vous.
TOI N ET TE
Vous ferez bien.
Et que, pour finir toute liaison avec vous, voilà la donation que je faisois à mon neveu , en faveur du mariage.
C'est mon frère qui a fait tout le mal.
M. PURGON
Mépriser mon clystère !
A RG AN.
Faites-le venir : je m'en vais le prendre.
Je vous aurois tiré d'affaire avant qu'il fût peu.
T GI NETTE
U ne le mérite pas.
M. PURGON
J'allois nettoyer votre corps , et en évacuer entièrement les mauvaises humeurs.
Ah , mon frère !
63a LE MALADE IMAGINAIRE.
M. PURGON
Et je ne voulois plus qu'une douzaine de médecines , pour vuider le fond du sac.
TOI NETTE
Il est indigne de vos soins.
M. PURGON
Mais , puisque vous n'avez pas voulu guérir par mes mains ,
Ce n'est pas ma faute.
M. PURGON
Puisque vous vous êtes soustrait de l'obéissance que l'on doit à son médecin ,
TOI NETTE
Cela crie vengeance.
M. PURGON
Puisque vous vous êtes déclaré rebelle aux remèdes que je vous ordonnois ,
A RG AN.
Hé ! point du tout.
M. PURGON
J'ai à vous dire que je vous abandonne à votre mauvaise constitution , à l'intempérie de vos entrailles , à la corruption de votre sang y à l'âcreté de votre bije , et à la féculence de vos humeurs.