‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 391 sur 433 · ACTE III. SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE III. SCENE VII

BERALDE.

Ma foi , mon frère , vous êtes fou ; et je ne voudrois pas , pour beaucoup de choses, qu'on vous vît faire ce que vous faites. Tâtez-vous un peu, je vous prie ; revenez à vous-même , et ne donnez point tant à votre imagination.

A R G AN

Vous voyez , mon frère , les étranges maladies dont il m'a menacé.

Le simple homme que vous êtes !

Il dit que je deviendrai incurable avant qu'il soit quatre jours.

BERALDE.

Et ce qu'il dit , que fait-il à la chose? Est-ce un oracle qui a parlé ? Il semble , à vous entendre , que Monsieur Purgon tienne dans ses mains le filet de vos jours; et que, d'autorité suprême, il vous l'alonge et vous le raccourcisse comme il. lui plaît. Songez que les principes de votre vie sont en vous-même , et que le courroux do Monsieur Purgon est aussi peu capable de vous faire mourir , que ses remèdes de vous faire vivre. Voici une aventure, si vous voulez, à Vous défaire des médecins ; ou, si vous êtes né à ne pouvoir vous en passer m3 il est aisé d'en

avoir un autre , avec lequel , mon frère , vous

puissiez courir un peu moins de risque.

A R G AN

Ah! mon frère 3 il sait tout mon tempérament, et la manière dont il faut me gouverner.

BERALDE.

Il faut vous avouer que vous êtes un homme* d'une grande prévention , et que vous voye* les choses avec d'étranges yeux.

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