‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 419 sur 433 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

JLiE début du Misantrope et celui du Malade Imaginaire sont deux chefs-d'œuvre de l'art comique. Aucune conversation traînante n'amène les fils de l'intrigue 5 l'action s'y présente d'elle-même et sans le secours des confidences ou des causeries domestiques 5 introduction parasite du plus grand nombre de nos comédies.

Le monologue dî'Argan , quelque long qu'il soit , lie le paroît point ? parce qu'il est de la meilleure plaisanterie. Son impatience , ses cris d'un homme robuste et sain , quoique on le laisse mourir seul , à ce qu'il dit , annoncent , de la façon la plus heureuse, la plus simple et la plus gaie , le caractère singulier que Molière se propose dépeindre.

2 Ça mon , ma foi , j'en suis d'avis. Cette vieille expression ne se trouve plus dans nos vocabulaires. Vraiment c'est mon , dit Montaigne ,1.2, chap. 07 de ses Essais. Il y a grande apparence que le c'est mon du Philosophe est la même chose que le ça mon de Toinette , espèce de particule explétive et surabondante , telle qu'en admet encore le dialogue familier. Le dernier éditeur de Montaigne dit que le c'est mon sert à affirmer plus fortement , mais qu'à présent il est tout-à-fàit barbare.

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