ACTE III. SCENE I
Je me plais à tenter des entreprises hasardeuses.
SILVESTRE
Je te l'ai déjà dit , tu quitterois le dessein que tu as , si tu m'en voulois croirs.
SCAPIN
Oui : mais c'est moi que j'en croirai.
SILVESTRE
A quoi diable te vas-tu amuser ?
SCAPIN
De quoi diable te mets-tu en peine ?
SILVESTRE
C'est que je vois que, sans nécessité, tu vas courir risque de t'attirer une venue de coups de bâton.
SCAPIN
Hé bien ! c'est aux dépens de mon dos , et non pas du tien.
SILVESTRE
Il est vrai que tu es maître de tes épaules , et tu en disposeras comme il te plaira.
SCAPIN
Ces sortes de périls ne m'ont jamais arrêté , et je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses , n'osent rien entreprendre.
zerbinette à Scapin.
Nous aurons besoin de tes soius.
g6 LES FOURBERIES DE SCAPIff.
S CAP IN
Allez. Je vous irai bientôt rejoindre. Il ne sera pas dit qu'impunément on m'ait mis en état de me trahir moi - même , et de découvrir des secrets qu'il étoit bon qu'on ne sût pas.