‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 87 sur 433 · A G L A U RE · texte numérisé non relu

A G L A U RE

Cestune nouveauté,sans doute, assez bizarre, Que deux rivaux si bien unis.

CLEOMENE.

Il est vrai que la chose est rare, Mais non pas impossible à deux parfaits amis.

Est-ce que dans ces lieux il n'est qu'elle de belle , Et n'y trouvez-vous point à séparer vos vœux?

Parmi l'éclat du sang, vos yeux n'ont-ils vu qu'elle A pouvoir mériter vos feux ?

CLEOMENE.

Est-ce que Ton consulte au moment qu'on s'enflamme ?

Choisit-on qui l'on veut aimer, Et, pour donner toute son ame , îlegarde-t-on quel droit on a de nous charmer ?

A G E « ô fl>

Sans qu'on ait lé pouvoir d'élire , On suit, dans Une telle ardeur, Quelque chose qui nous attire" i Et lorsque l'amour touche un cœur , On n'a point de raison à dire.

En vérité, je plains les fâcheux embarras

Où je vois que vos cœurs se mettent.

Vous aimez un objet dont les rians appas Mêleront des Chagrins à l'espoir qu'ils vous jettent ; Et son cœuf ne Vous tiendra pas Tout ce que ses yeux vous promettent.

c idi p V E.

L'espoir qui vous appelle au rang de ses amans, Trouvera du mécompte aux douceurs qu'elle étale; Et c'est pour essuyer de très-fâcheux momens, Que les soudains retours de son ame inégale.

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