‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 103 sur 310 · DORIMÈNE, LYCASTE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

DORIMÈNE, LYCASTE, SGANARELLE

retiré dans nn coin dn théâtre sans être yn.

LYCASTE

Quoi ! belle Dorimène , c'est sans raillerie que vous parlez?

BORIMÈNE.

Sans raillerie.

LTCASTE.

Vous vous mariez tout de bon ?

i6o LE MARIAGE FORCÉ,

BORIMÈNE.

Tout de bon.

LYCASTE

Et vos noces se feront dès ce soir?

l>ORIMÈirE.

Dès ce soir.

/ LYCA.STE.

Et vous pouvez, cruelle que vous êtes, oublier de la sorte l'amour que j'ai pour vous, et les obligeantes paroles que vous m'aviez données ?

DORIMÈNÉ.

Moi? point du tout. Je vous considère toujours de même ; et ce mariage ne doit point vous inquiéter. C'est un homme que je n'épouse point par amour, et sa seule richesse me fait résoudre à l'accepter. Je n'ai pqint de bien, vous n'en avez point aussi, et vous savez que sans cela, on passe mal le temps au monde; et, qu'à quelque prix que ce soit, il faut tâcher d'en avoir. J'ai embrassé cette occasion-ci de me mettre à mon aise ; et je l'ai fait sur l'espérance de me voir bientôt délivrée du barbon que je prends. C'est un fiomme qui maurra avant qu'il soit peu , et qui n'a tout au plus que six mois dans le ventre. Je vous le garantis défunt dans le temps que je dis ; et je n'aurai pas longuement à demander pour moi au

ciel l'heureux état de veuve * °. ( à Sganarelle qu elle aperçoit.)

Ah! nous parlions de vous, et nous en disions tout le bien qu'on en sauroit dire.

LYCASTE

Est-ce là monsieur?

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