‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 107 sur 310 · SCENE XIV. i · texte numérisé non relu

SCENE XIV. i

SGA.NARELLE.

Mon Dieu ! c'est autre chose.

ALGANTOR.

Allons , entrez donc , mon gendre.

SGAflfARELLE.

J'ai un petit mot à vous dire.

ALCAITTOR.

Ah, mon Dieu! ne faisons point.de cérémonie.

Entrez vite, s'il vous plait.

SGANARELLE

Non, vous dis-je. Je veux vous parler auparavant.

ALCANTOR.

Vous voulez me dire quelque chose ?

SGANARELLE

Oui.

ALCANTOR.

Et quoi ?

SGAIVARELLE.

Seigneur Alcantor, j'ai demandé votre fille en mariage, il est vrai , et vous me l'avez accordée ; mais je me trouva un peu avancé en âge pour elle, et je considère que je ne suis point du tout son fait.

ALCANTOR.

Pardonnez-moi: ma fille vous trouve bien comme vous êtes, et je suis sur qu'elle vivra fort contente avec vous.

SGANARELLE

Point. J'ai parfois des" bizarreries épouvantables^ et elle auroit trop à souffrir de ma mauvaise humeur.

i64 LE MARIAGE FORGÉ,

ALCAfTTOR.

Ma fille a de la complaisance, et voas verrez qu'elle s'accommodera entièrement à yous.

SGANARELLE

J'ai quelques infirmités sur mon corps qui pourroient la dégoûter.

ALGANTOR.

Cela n'est rien : une honnête femme ne se dégoûte jamais de son mari.

SGANARELLE

Enfin, voulez- vous que je vous dise? je ne vous conseille point de me la donner.

ALGANTOR.

Vous moquez-vous ? J'aimerois mieux mourir que d'avoir manqué à ma parole. '

SGANARELLE

Mon Dieu , je vous en dispense , et je....

ALGANTOR.

Point du tout. Je vous4'ai promise , et vous l'aurez en dépit de tous ceux qui y prétendent*

SGAir ARELLE, àpart.

Que diable !

ALGANTOR.

Voyez-vous , j'ai une estime et une amitié pour vous toute particulière ; et je refuserois ma fille à un prince pour vous la donner.-

SGANARELLE

Seigneur Alcantor, je vous suis obligé de l'honneur que vous me faites , mais je vous déclare que je ne veux point me marier.

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