ACTE II, SCENE IL > aaS
une personne comme vous? Je serois assez lâche pour vous déshonorer? Non, non, j'ai trop de conscience pour cela. Je tous aime , Charlotte , en tout bien et en tout honneur; et pour vous montrer que je dis vrai, sachez que je n'ai point d'autre dessein que de vous épouser. En voulez-vous un plus grand témoignage ? M'y voilà prêt , quand vous voudrez ; et je prends à témoin l'homme que voilà, de la parole que je vous donne.
SGAKARELLE.
Non , non , ne craignez point: Il se mariera avec vous tant que vous voudrez.
D. JUABr. '
Ah , Charlotte ! je vois bien que vous ne me connoissez pas encore. Vous me faites grand tort de juger de moi par les autres ; et s'il y a des fourbes dans le monde , des gens qui ne cherchent qu'à abuser des filles , vous devez me tirer du nombre , et ne pas mettre en doute la sincérité de ma foi ; et puis votre beauté vous assure de tout. Quand on est faite comme vous, on doit être à couvert de toutes ces "Portes de craintes; vous. n'avez point l'air, croyezmoi , d'une personne qu'on abuse ; et, pour.moi, je l'avoue, je me percerois le cœur de mille coups ^ si j'avois eu la moindre pensée de vous trahir.
CHARLOTTE
Mon Dieu! je ne sais si vous dites vrai, ou non; mais vous faites que l'on vous croit.
D. JUAJS.
Lorsque vous me croirez , vous me rendrez justice
assurément, et je yous réitère encore la promesse que je vous ai faite. Ne Facceptez-vous pas , et ne voulez-vous pas consentir à être ma Ikmtiie ?
CHARLOTTE
Oui , pourvu que ma tante le veuille.
Touchez donc là 4 Charlotte ^ puisque téua le vou« lez bien de votre part.
CHARLOTTE
Mais au moins , monsieu , ne m'allez pas tromper, je vous prie; il y auroit de la conscience à vou»^ et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi*
D. JUAN
Comment I il semble que vous doutiez etieore de ma sincérité ? Voulez-vous que je fittse des sermens épouvantables? Que le cieL...
CHARLOTTE
Mon Dieu , ne jurez point ; .je vous ci:sois.
n. jUAif.
Dennez-moi donc un petit baiser pour gage de votre parole.
CHARLOTTE
oh! monsieu, attendez que je soyons mariés, je vous prie ; après ça , je vous baiserai tant que vous voudrez.
s. TUAE.
Eh bien, belle Charlotte , je veux tout ce que vous voulez ; abandonnez-moi seulement votre main , et soufFrez que par mille baisers , je lui exprime le ravissement où je suis.