‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 213 sur 310 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SGANARELLE, MESSIEURS MACROTON,

BAHIS.

SGANARELLE

A qui croire des deux , et quelle résolution prendre sur des avis si opposés ? Messieurs, je vous conjure de déterminer mon esprit, et de me dire, sans passion , ce que vous croyez le plus propre à soulager ma lille.

M. MACROTOK.

Mon-si-eur, dans ces ma-ti-è-res-là, il faut pro-cé* der a-vec-que cir-cons-pec-ti-on , et ne ri-en fai^-re, com-me on dit, à la vo-lé-e; d'au-»tant que les fau4es qu'on y peut fai-re sont , se-lon no-tre maî-tre Hippo-cra-te , d'u-ne dan-ge-reu-se con-sé-quen-ce.

M. BAHIS) bredoaillant.

Il est vrai. Il faut bien prendre garde à ce qu'on fait, car ce ne sont point ici des jeux d'enfant; et, tjuand on a failli, il nest pas aisé de réptirer le ma]fiquement, et de rétablir ce qu'on a gâté. Expertmentumpericulosum. C'est pourquoi il s'agit de raisonner auparavant comme il faut, de peser mûrement les choses , de regarder le tempérament des gens, d'examiner les causes de la maladie, et de voir les remèdes qu'on y doit apporter.

SGAIYARELLE, à part.

L'un va en tortue, et l'autre court la poste. '

M. MACROTON. '

Or, mon-si-eur, pourve-nir au fait, je trou-veque

SiSn L'AMOUR MÉDECIN,

vo-tre fil-le a u*ne ma-Ia-di-e chro-ni^e , et qu'el-Ie peut pé-ri-cli-ter , si on ne lui don^ne du se-cours, d'au4ant que les symp-tô-mes qu'el-le a , sont in-dica-tifs d'u-ne va-peur fu-4i-gi-neu-se et mor-di-can-te qui lui pi-co-te les mem-bra-nes du cer-veau. Of , cet-te va-peur, que nous nom-nions en grec, at^mos^ est cau-sé-e par des hu-meurs pu-tri-des, t&4ia-ces, con-glu-ti-neu-ses , qui sont con-te-nues dans le bas* ven-tre.

M. BAHIS.

Et comme ces humeurs ont été là engendrées par une longue succession de temps , elles s'y sont recuites , et ont acquis cette malignité qui fume vers la région du cerveau.

*M. MACROTOir.

Si-bien donc que, pour ti-a*er, dé-ta-cher, ar-racher, ex-pul-ser, é-va-cu-er les-di-tes hu-meurs, il fau-dra u-ne pur-ga-ti-on vî-gou-reu-se. Mais au pré-ala-ble, je trou-ve à pro-pos, et il n'y a pas d'in-convé-ni-enl, d'u-ser de pe-tîts re-mè-des a-no-dins, c'est-à-din'e de pe-tits la-ve-mens ré-mol-li-ans et déter-sifs ; de ju-leps et de si-rops ra-fraî-chis-sans qu'on mê-Ie-ra dans sa pti^a-ne.

M. BAHIS.

Après, nous en viendrons à la purgation, et à la saigilée , que nous réitérerons , s'il en est besoin.

M. MAGROTON.

Ce n'est pas qu'a-vec tout ce-la vo-tre fil-le ne puis-se mou-rir ; mais au moins , vous au-rez fait quel-

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