ACTE I, SCENE II
Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice, £t je hrûle qu'un nœud d'amitié nous unisse.
Je crois qu'un ami chaud , et de ma qualité , * N'est pas assurément pour être rejeté.
( Pendant le disconra d*Oronte, Alceste est réveaff eâiu fiiire atten* tîon qne cVst k lai qa*on parle, et ne sort de sa rêverie qne qaand Oronte loi dit : )
C'est à vous, s'il vous plaît, que ce discours s'adresse.
ALCEST£.
A moi, monsieur?
OHOIVTB.
A tous. Trou vez-vousqu'il vous blesse ?
Non pas. Mais la surprise est fort grande pour moi , Et je n'attendois pas l'honneur que je reçoi.
OItÔNTlE.
L'estime où je vous tiens ne doit point vous surprendre , Et de tout l'univers vous la pouvez prétendre.
ALCCSTE.
OROHTE.
L'état n'a rien qui ne soit au-dessous Du mérite éclatant que l'on découvre en vous.
ALC£St£.
Monsieur....
OBONTE.
Ouï, de ma part , je vous tiens préférable A, tout ce que j'y vois de plus considérable.
ALCBSTE.
Monsieur....
OROIÇXE.
Sois-je du ciel écrasé, si je mons;
38o LE MISANTHROPE,
Et, pour vous confirmer ici mes sentimens, Souffrez qu'à cœur ouvert, monsieur, je vous embrassé, Et qu'en votre amitié je* vous demande place. Touchez > là , s'il vous plaît. Vous me la promettez. Votre amitié?
ALCESTE
Monsieur....
OROITTE.
Quoi! vous y résistez? •