‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 259 sur 310 · ACTE III, SCENE L · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE L

GLITANDRE.

Tu penses donc, marquis, être fort bien ici?

AGASTE.

J'ai quelque lieu , marquis , de le penser ainsi.

( CLITANDRE

Crois-moi , détache-toi de cette erreur extrême : Tu te flattes , mon cher , et t'aveugles toi-même.

ACASTE

Il est vrai , je me flatte, et m'aveugle en efifet.

GLITANDRE.

Mais, qui te fait juger ton bonheur si parfait?

AGASTE.

Je me flatte.

GLITAWDRE.

Sur quoi fonder tes conjectures?

AGASTE.

Je m'aveugle.

CLITANDREé

En as-tu des preuves qui soient sûres?

^AGASTE.

Je m'abuse , te dis-je.

GLITANDRE.

Est-ce que , de ses vœux , Célimène t'a fait quelques secrets aveux?

AGASTE.^

Non , je suis maltraité.

GLITATÎDRE.

Réponds-moi , je te prie.

AGASTE.

Je n'ai que des rebuts.

4io LE MISANTHROPE,

GLTTANDRS.

Laissons la raillerie, Et me dis quel espoir on peut t'avoir donné.

ACASTE

Je suis le misérable , et toi le fortuné ;

On a pour ma«personne une aversion grande,

Et, quel(ju'un de ces jours, il faut que je me pende.

GLITANDRE.

Oh çà, veux-tu, marquis, pour ajuster nos vœux, Que nous tombions d'accord d'une chose tous deux? Que, qui pourra montrer une marque certaine D'avoir meilleure part au cœur de Célimène , L'autre ici fera place au vainqueur prétendu , Et le délivrera d'un rival assidu ?

ACASTE. '

Ah, parbleu! tu me plais avec un tel langage, Et, du bon de mon cœur , à cela je m'engage.

Mais, chut.

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