SCÈNE VIL
* ^ S'il y a quelque trait qui ait pu porter si haut l'estime du Citoyen de Genève pour Alceste , c'est la modestie de sa réponse à Arsinoé , lorsqu'il lui dit :
* C'est ainsi que l'auteur caché de TÉloge injurieux de M. de Crébillon , changea les deux premiers vers à^Atrée , pour y trouver du ridicule, et les imprima ainsi :
Atcc réclat da jour je vois enfin paroUre L'espoir et la douceur, etc.
L'illustre Crébillon avoit écrit, Je 'vois enfin renaître, ce qui n'au- Toit pas donné lieu à la plaisanterie de l'observateur, sur un espoir qu'on voit parottre.
Qu*ai-*je fait, s'il vous plait, de si brillant de soi, etc. De. quoi youlez-yous là que la cour s'embarrasse ? etc.
Mais on doit être bien sûr, à la façon contrainte dont- Alceste aborde cette prude , qu'il ne sera de son ayis sur rien , et qu'il ya la contredire y dût-elle lui dire du bien de lui-même. Tout bon esprit y oit dans sa réponse plus d'humeur que de yéritable sagesse. >
'4M. l'abbé Dubos admire dans cette même scène, la saillie du Misanthrope^ qui, rendant un compte sérieux des raisons qui l'empêchent de s'établir à la cour, ajoute après une déduction des contraintes réelles et gênantes qu'on s'épargne en n'y vivant point :
On n'a point à louer les vers de messieurs tels.
Cette pensée devient sublime, dit -il, par le caractère connu du personnage qui parle , et par la procédure qu'U vient d'essuyer , pour avoir dit que des vers mauvais ne valoient^ rien. *
Remarquons qu'il est assez contradictoire, avec l'idée qu'on veut nous donner d'un véritable homme de bien, qu'il se soit mis dans le cas de se couper la gorge avec un homme , •à propos de quelques vers.