‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 307 sur 310 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

'* 11 y a dans cette scène admirable un à parte de dix vers; mais , malgré sa longueur, il est plus supportable , et même plus dans la nature que ceux de nos pièces modernes y quelque courts qu'ils soient. Dans Texplication violente qu'ont ensemble le Misanthrope et Célimcne, cette dernière essaie d'en imposer à son amant , en convenant de tout avec lui, et en lui donnant son congé. Elle s'avance donc sur le théâtre , en attendant l'effet que doit produire l'art qu'elle vient d'employer; et Alceste, épouvanté de l'ordre qu'on vient de lui donner de se retirer , débite les dix vers en question , que Célimène peut ne point vouloir entendre, parce qu'il faut qu'elle laisse, à l'agitation où il est , le temps de se calmer pour revenir comme il fait à des sentimens plus doux. Il est difficile de surprendre Molière dans une faute qui blesse la raison et les règles de son art.

M. Le Sage, dans son Turcarety fait employer à sa coquette le même art et la même impudence de Célimène, dans sa manière de se justifier. Ce qui différencie cette scène moderne de son original , c'e^t le ridicule excessif du personnage de Turcaret,

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