‹ Œuvres de Montesquieu (volume 2)Chapitre 59 sur 96 · ADIEUX A GÊNES · texte numérisé non relu

ADIEUX A GÊNES

En 1782.

Adieu, Gênes détestable, Adieu, séjour de Plutus; Si le ciel m'est favorable, Je ne vous reverrai plus.

Adieu, bourgeois et noblesse Qui n'as pour toutes vertus Qu'une inutile richesse :

Je ne vous reverrai plus.

* Cette pièce avoit été donnée par Montesquieu à un de ses anus, à condition de ne la point faire voir, disant que c'étoit une plaisanterie fidte dans un moment d'humeur, d'autant qu'il ne s'étoit jamais piqué d'être poète. Il la fit étant embarqué pour partir de Gênes, où Ll disoit s'être beaucoup ennuyé, parce quil n'y avoit. formé aucune liaison, ni trouvé aucun de ces empressements qu'on lui avoit marqués partout ailleurs en Italie. Il faut que les Génois se soient bien civilisés depuis , et aient beaucoup changé de méthode dans l'accueil qu'ils fout aux étrangers; ou bien l'eimui fit que l'auteur voulut se divertir par cette petite satire , qui ne saïu-oit être prise pour une chose sérieuse, ni comme un jugement de ce voyageur éclairé. ( Note de Cabbé de Guasco , premier éditeur de cette pièce. )

Ii8/| POESIES.

Adieu, superbes palais Où l'ennui , par préférence , A choisi sa résidence; Je vous quitte pour jamais.

Là le magistrat querelle Et veut chasser les amants, Et se plaint que sa chandelle Brûle depuis trop long-temps.

Le vieux noble , quel délice !

Voit son page à demi-nu , Et jouit d'une avarice Qui lui fait montrer le cul.

Vous entendez d'un jocrisse Qui ne dort ni nuit ni jour, Qu'il a gagné la jaunisse Par l'excès de son amour.

Mais un vent plus favorable A mes vœux vient se prêter.

Il n'est rien de comparable Au plaisir de vous quitter.

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