‹ Œuvres de Montesquieu (volume 2)Chapitre 83 sur 96 · L.i développe dans · texte numérisé non relu

L.i développe dans

empire. Si l'on dé-

s hommes pour ne ar-dessus les autres

propose, j'aime trop le bien d pas vous conseiller de passer difficultés qui s'opposent à . réussite de cette affaire. Avec quelques précaihons, le climat de Vienne ne nuira pas plus à vc yeux que celui de Flandre, à moins que vous lîpréfériez la bière au vin de Tokai. Quant auxionvenances d'étiquette de cour, je suis persu|(é qu'on pense assez juste pour ne pas perdre ui lomme utile pour de si petites choses (i3o). J^rt repose là-dessus sur les vues supérieures de M'ie-Thérèse. Vous voyez que je ne vous dis pas t mot des vues de fortune, parce que je sais quee n'est pas ce qui vous touche le plus. Je vous rie de ne me pas laisser ignorer votre résolutic, ou la décision de la cour; elle m'intéresse autan[Dour elle que pour vous.

Si vous continuez d'être lib, je vous conseille l'entreprise dont vous me p'iez. Un chanoine doit être bien plus en état qun profane de traiter de l'esprit des lois ecclésitiques. Votre plan seroit fort bon; mais je trore le repos encoro»

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meilleur, et j'abandonne ce champ de gloire à votre zèle infatigablJB Adieu.

ir53.

)tU MÊME.

A Vérone.

Mon cher ami^;^os titres se multiplient tellement que je ne piis plus les retenir : voyons.... comte de Clavièré, chanoine de Tournai, chevalier d'une croij impériale (iSa), membre de l'académie des inst"iptions , de celles de Londres , de Berlin, et de ànt d'autres, jusqu'à celle de Bordeaux : vous éritez bien tous ces honneurs et bien d'autres ebore.

Je suis bien aii que vous ayez eu du succès dans la négociatioi pour votre chapitre (i33). Il est heureux de vc^ avoir, et fait bien de vous députer à la cour j>ur ses affaires plutôt que de vous retenir pour ganter et pour boire; car je suis siir que vous ^gociez aussi bien que vous chantez mal et bu^ peu. Je suis fâché que l'affaire qui vous regajoit personnellement ait manqué. Vous n'êtes pj le seul qui y perdiez; et il vous reste votre lilj-té, qui n'est pas une petite

FAMILIÈRES. ^l5

chose : mais l'étiquette ne dédommagera pas de l'avantage dont on s'est privé; quoique je soupçonne qu'il pourroit bien y avoir d'autres raisons que l'étiquette, que l'exemple des autres cours auroit pu faire abandonner. Quand certaines gens ont pris racine , ils savent trouver des moyens pour écarter les hommes éclairés : d'ailleurs, vous n'êtes point un bel-esprit^du pays de liége ou de Luxembourg. Je me réserve là-dessus mes pensées.

Votre lettre m'a été rendue à La Brède où je suis. Je me promène du matin au soir en véritable campagnard , et je fais ici de fort belles choses en dehors.

Vous voilà donc parti pour la belle Italie. Je suppose que la galerie de Florence vous arrêtera long-temps. Indépendamment de cela, de mon temps cette ville étoit un séjour charmant, et ce qui fut pour moi un sujet des plus agréables, fut de voir le premier ministre du grand-duc sur une petite chaise de bois , en casaquin et chapeau de paille devant sa porte. Heureux pays, m'écriai-je, où le premier ministre vit dans une si grande simplicité et dans un pareil désœuvrement ! Vous verrez madame la marquise Ferroni et l'abbé Niccolini : parlez leur de moi. Embrassez bien de ma part monseigneur Cerati, à Pise; et pour Turin, vous connoissez mon cœur, notre grand-prieur,

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M^^. les marquis de Breil et de Saint-Germain. Si l'occasion se présente , vous ferez ma cour à son altesse sérénissime. Si vous écrivez à M. le comte de Cobentzel , à Bruxelles , je vous prie de le remercier pour moi , et marquez-lui combien je me sens honoré par le jugement qu'il porte sur ce qui me regarde. Quand il y aura des ministres comme lui , on pourra espérer que le goût des lettres se ranimera dans les états autrichiens; et alors vous n'entendrez plus de ces propositions erronées et malsonnantes (i34) qui vous ont scandalisé.

Je crois bien que je serai à Paris dans le temps que vous y viendrez. J'écrirai à madame la duchesse d'Aiguillon combien vous êtes sensible à son oubli : mais , mon cher abbé, les dames ne se souviennent pas de tous les chevaliers, il faut qu'ils soient paladins. Au reste, je voudrois bien vous tenir huit jours àLaBrède, à votre retour de Rome , nous parlerions de la belle Italie et de la forte Allemagne.

Voilà donc Voltaire qui paroît ne savoir où reposer sa tète (i35) : Ut eadem tellus, quœ modo victori defuerat , déesse t ad sepultuiam. Le bon esprit vaut mieux que le bel esprit.

A l'égard de M. le duc de Nivi-rnais , ayez la bonté de lui faire ma cour quand vous le verrez à Rome, et je ne crois pas que vous ayez besoin

d'une lettre particulière pour lui. Vous êtes son confrère à l'académie, et il vous connoît; cependant, si vous croyez que cela soit nécessaire, mandez-le-moi. Adieu.

De La Srède, ce 28 septembre 1753.

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