LETTRES ORIGINALES
AU CHEVALIER D'AYDIES. '
Dites-moi , mon cher chevalier, si vous voulez aller mardi à Lisle-Belle, et si vous voulez que nous y allions ensemble; si cela est, je serai enchanté du séjour et du chemin.
Vous êtes adorable, mon cher chevalier; votre amitié est précieuse comme l'or; je vais m'arranger pour profiter de votre avis, et être à Paris avant le départ de cet homme qui distribue la lumière. Mais, mon Dieu, vous serez à Plombières, et je serai bien malheureux de jouer aux barres ! Vous ne me mandez point la raison qui vous détermine; je m'imagine que c'est votre asthme, et
* On donne les huit lettres de Montesquieu au cîievalier d'Aydies , telles qu'elles furent publiées, en 1797, par M. Pougens. On y lit cette note de l'éditeur :
« Ceux qui connoissent bien Montesquieu et son siècle n'ont pas » besoin qu'on leur fournisse aucunes preuves de l'authenticité de » ce manuscrit : elles seroient inutiles pour ceux qui sont étrangers » à l'un ou à l'autre. » [Premier cditeur.)