LETTRES D'UN NOUVELLISTE AU MINISTRE
« Monseigneur, « Je suis le sujet le plus zélé que le roi ait jamais ce eu. C'est moi qui obligeai un de mes amis d'exéc( cuter le projet que j'avois formé d'un livre pour « démontrer que Louis -le -Grand étoit le plus « grand de tous les princes qui ont mérité le nom « de grand. Je travaille depuis long-temps à un (c autre ouvrage , qui fera encore plus d'honneur à « notre nation , si votre grandeur veut m'accorder ce un privilège : mon dessein est de prouver que ce depuis le commencement de la monarchie , les ce François n'ont jamais été battus , et que ce que ce les historiens ont dit de nos désavantages sont de ce véritables impostures. Je suis obligé de les rece dresser en bien des occasions ; et j'ose me flatter ce que je brille surtout dans la critique. Je suis, ce monseigneur , etc. »
ce Monseigneur, (c Depuis la perte que nous avons faite de
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« M. le comte de L. , nous vous supplions d'avoir '( la bonté de nous permettre d'élire un président. « Le désordre se met dans nos conférences, et les « affaires d'état n'y sont pas traitées avec la même u discussion que par le passé : nos jeunes gens ce vivent absolument sans égard pour les anciens, « et entre eux sans discipline : c'est le véritable « conseil de Roboam, où les jeunes imposent aux « vieillards. Nous avons beau leur représenter « que nous étions paisibles possesseurs des Tuile- « ries vingt ans avant qu'ils fussent au monde : je « crois qu'ils nous en chasseront à la fin , et qu'o- « bligés de quitter ces lieux où nous avons tant de a fois évoqué les ombres de nos héros françois , il « faudra que nous allions tenir nos conférences « au jardin du roi, ou dans quelque lieu plus « écarté. Je suis , etc. »
De Paris, le 7 de la lune de Gemma di, 2, 1719.