USBEK A SOLIM
Au sérail d'Ispahan.
Je te mets le fer à la main. Je te confie ce que j'ai à présent dans le monde de plus cher, qui est ma vengeance. Entre dans ce nouvel emploi ; mais n'y porte ni cœur ni pitié. J'écris à mes femmes de t'obéir aveuglément : dans la confusion de tant de crimes , elles tomberont devant tes regards. Il faut que je te doive mon bonheur et mon repos. Rends -moi mon sérail comme je l'ai laissé. Mais commence par l'expier ; extermine les coupables , et fais trembler ceux qui se proposoient de le devenir. Que ne peux- tu pas espérer de ton maître pour des services si signalés ! Il ne tiendra qu'à toi de te mettre au dessus de ta condition même , et de toutes les récompenses que tu as jamais désirées.
De Paris, le 4 de la luue de Cbahban, 17 19.
LETTRE GLIV.