‹ Œuvres de Montesquieu (volume 3)Chapitre 34 sur 168 · I.FTTRES rFRS.VNES · texte numérisé non relu

I.FTTRES rFRS.VNES

lèvent les tributs, sont exposés à mille violences.

La propriété des terres est incertaine, et par conséquent l'ardeur de les faire valoir ralentie : il n'y a ni titre ni possession qui vaille contre le caprice de ceux qui gouvernent.

Ces barbares ont tellement abandonné les arts qu'ils ont négligé jusqu'à l'art militaire. Pendant que les nations d'Europe se raffinent tous les jours, ils restent dans leur ancienne ignorance , et ils ne s'avisent de prendre leurs nouvelles inventions qu'après qu'elles s'en sont servies mille fois contre eux.

Ils n'ont aucune expérience sur la mer, point d'habileté dans la manœuvre. On dit qu'une poignée de chrétiens sortis d'un rocher ^ font suer les Ottomans et fatiguent leur empire.

Incapables de faire le commerce , ils souffrent presque avec peine que les Européens, toujours laborieux et entreprenants , viennent le faire : ils croient faire grâce à ces étrangers de permettre qu'ils les enrichissent.

Dans toute cette vaste étendue de pays que j'ai traversée, je n'ai trouvé que Smyrne qu'on puisse regarder comme une ville riche et puissante. Ce sont les Européens qui la rendent telle ; et il ne tient pas aux Turcs qu'elle ne ressemble à toutes les autres. ->

^ Ce sont apparemment les chevaliers de Malte.

:\b I.FTTRES PERSANES.

Voilà, cherRustan , une juste idée de cet empire, qui, avant deux siècles, sera le théâtre des triomphes de quelque conquérant.

• De Srayruc, le 7. de la luno de Rahmazan, 17 ii.

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