XX ÉLOGK DE MONTESQUIEU
le Corrège, quand il eut vu les ouvrages de ses rivaux, Et moi aussi , Je suis peintre ^
Rempli et pénétré de son objet, Fauteur de Y Esprit des lois y embrasse un si grand nombre de matières, et les traite avec tant de brièveté et de profondeur, qu'une lecture assidue et méditée peut seule faire sentir le mérite de ce livre. Elle servira surtout, nous osons le dire, à faire disparoître le prétendu défaut de méthode dont quelques lecteurs ont accusé M. de Montesquieu; avantage qu'ils n'auroient pas dû le taxer légèrement d'avoir négligé dans une matière philosophique, et dans un ouvrage de vingt années. Il faut distinguer le désordre réel de celui qui n'est qu'apparent. Le désordre est réel quand l'analogie et la suite des idées ne sont point observées ; quand les conclusions sont érigées en principes, ou les précèdent; quand le lecteur, après des détours sans nombre, se retrouve au point d'où il est parti. Le désordre n'est qu'apparent, quand l'auteur, mettant à leur véritable place les idées dont il fait usage , laisse à suppléer aux lecteurs les idées intermédiaires. Et c'est ainsi que M. de Montesquieu a cru pouvoir et devoir en user dans un livre destiné à des hommes qui pensent, dont le génie doit suppléer à des omissions volontaires et raisonnées.
L'ordre qui se fait apercevoir dans les grandes parties de Y Esprit des lois ne règne pas moins dans les détails : nous Croyons que plus on approfondira
' On trouvera en tête de V Esprit des Ion l'analyse de cet ouvrage par d'Alembert.