‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 107 sur 341 · LIV. XXV, CHAP. Y · texte numérisé non relu

LIV. XXV, CHAP. Y

tacles ^ changer des abus établis, parce qu^ils sont liés à des .choses qu^elles doivent respecter : dans ce cas, nne disposition indirecte marque plus le bon esprit du législateur qu^une autre qui frapperoit sur la chose même. Au lieu de défendre les acquisitions du clergé, ^1 faut cherchera Ten dégoûter lui-même; laisser le droit, et ôter le fait.

Dans quelques pays de TEurope , la considération des droits des seigneurs a fait établir en leur faveur un droit d^indemnité sur les immeubles acquis par les gens de mainmorte. LHntérét du prince lui a fait exiger un droit d^amortissement dans le même cas. En Castille, où il n'y a point de droit pareil , le clergé a tout envahi ; en Aragon , où il y a quelque droit d'amortissement, il a acquis moins : en France, où ce droit et celui d'indemnité sont établis, il a moins acquis encore ; et Ton peut dire que la prospérité <de cet état est due en partie à l'exercice de ces deux droits. Augmentezrles, ces droits, et arrêtez la mainmorte, s'il est possible.

Rendez sacré et inviolable l'ancien et nécessaire domaine du clergé; qu'il soit fixe et éternel comme lui : mais laissez sortir de ses mains les nouveaux domaines.

Permettez de violer la règle lorsque la règle

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est devenue un abus; souffrez Fabus lorsquHl rentre dans la règle.

On se souvient toujours à Rome d'un mémoire qui y fut envoyé à Toccasion de quelques démêlés avec le clergé. On y avoit mis cette maxime : « Le clergé doit contribuer aux charges » de Pétat, quoi qu'en dise Tancien Testament. » On en conclut que Fauteur du mémoire entenddoit mieux le langage de lamaltdte,que celui de la religion^

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