LIV. XXVI, CHAP. II
principe lui-même eist soumis à dWtrefi 'q^'il faut cherche^'.
i'' La nature des lois humaines est d^étre sour mises à tous les accidens qui arrivent, et de varier à mesurée que les volontës des hommes changent: au contraire , la natmve des lois de la religion est de ne varier jamais. Les lois humaines statuent sur le bien; la religion, sur le meilleur. Le bien peut avoir un autre objet , parce qu^il y a plusieurs biens; mais le meilleur li^est qu*un, il ne peut donc pas changer. On peut bien changer les lois , parce qu^elles ne sont censées qu^étre bonnes : mais les institutions de la religion sont toujours supposées être les meilleures.
2^ Il y a des ëtats oii les lois ne sont rien , ou ne sont qu\ine volonté capricieuse et transitoire du souverain. Si d^ns ces états les lois de la religion étoient de la nature des lois humaines, les lois de la religion ne seraient rien non plus : il est pourtant nécessaire à la société qu^il y ait quelque chose de fixe; 'et c^est cette religion qui est quelque chose de fixe.
3*^ La force principale de la religion vient de ce qr^on la croit ; la force des lois humaines vient de ce qu^on les craint. L^antiquité convient h la religion, parce que souvent nous croyons plus les choses à mesure qu^elles sont plus reculées,
i88 DE l'esprit des lois.
car nous n'avons pas dans la tête des idées accessoires, tirées de ces temps-là, qui puissent les contredire. Les lois humaines , au contraire , tirent avantage de leur nouveauté, qui annonce^ une attention particulière et actuelle du lëgislateur, pour les faire observer.