LIV. XXII,. GHAP. XIX
C^esi bien une action très-bonne de prêter à un autre son argent sans intérêt ; mais on sent que ce ne peut être qu^un conseil de religion, et non une loi civile.
Pour que le commerce puisse se bien faire , il faut que Targent ait un prix, mais que ce prix soit peu considérable. S^il est trop haut , le négociant, qui voit quHl lui en coûteroit plus en intérêts qu'il ne pouiroit gagner dans son commerce, n'entreprend rien; si Targent n'a point de prix, personne n'«n prête, et le négociant n^eAtreprend rien non plus.
Je me trQmpe quand je dis que personne n'en prête. Il faut toujours que les affaires de la société aillent; l'usure s'établit , mais aVec les désordres que Von a éprouvés dans tous les temps. La loi de Mahomet confond l'usure avec le prêt k intérêt. L'usure augmente dans les pays mahométans à i^roportion de la sévérité de la défense : le prêteur s'indemnise du péril de la contravention.
Dans ces pays d'Orient , la plupart des hommes ^'ont rien d'assuré ; i^ n'y a presque point de rapport entre la possession actuelle d'une somme , et l'espérance de la ravoir après l'avoir prêtée : l'usure y augmente donc à proportion du péril de l'insolvabilité.
5o DE L^ESPRIT DES LOIS.