‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 261 sur 341 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Continuation du même sujet.

La loi dont je Tais parler se trouve dans ce serment , qui nous a été conservé par Eschine ( i ) .

(i) 2)0 falsâ Ugatione,

Sgâ BE L^ESPRIT DES LOIS.

« Je jure que je ne dëtruirai jamais une ville deÀ » Âmphictyons , et que je ne détournerai point » ses eaux courantes : si quelque peuple ose faire » quelque chose de pareil, je lui déclarerai la » guerre , et je détruirai ses villes. » Le dernier article de cette loi , qui paroît confirmer le premier , lui est réellement contraire. Amphictyon veut qu'on ne détruise jamais les villes grecques, jet sa loi ouvre la porte à la destruction de ces villes. Pour établir un bon droit des gens parmi les Grecs , il falloit les accoutumer à penser que cVtoit une chose atroce de détruire une ville grecque ; il ne devoit pas même détruire les destructeurs. Ia loi d'Amphictyon éloit juste, mais elle ii'étoit pas prudente. Cela se prouve par Tabus même que Ton en fit. Philippe ne se fit-il pas dpnner le pouvoir de détruire les villes, sousprétexte qu'elles avoient violé les lois des Grecs? Amphictyon auroit pu infliger d'autres peines : ordonner, par exemple, qu'un certain nombre de magistrats de la ville destructrice , ou de chefs de Tarmée violatrice , seroient punis de mort ; que le peuple destructeur cesseroit, pour un temps, de jouir des privilèges des Grecs; qu'il paieroit une amende jusqu'au rétablissement de la ville. La loi devoit surtout porter sur la réparation du dommage.

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