CHAPITRE I
Des lois féodales.
Je croirois qu'il y auroit une imperfection dans mon ouyrage si je passois sous silence un ëvënement arrive une fois dans le monde , et qui n'arrivera peut-être jamais ; si je ne parlois de ces lois que l'on vit paroitre en un moment dans toute TEurope , sans qu'elles tinssent à celles que ^o^ avoit jusqu'alors connues ; de ces lois qui ont fait des biens et des maux infinis ; qui ont . laissé des droits quand on a cédé, le domaine ; qui , en donnant à plusieurs personnes divers genres de seigneurie sur la même chose ou sur les mêmes personnes , ont diminué le poids de la seigneurie entière ; qui ont posé di-
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verses limites dans des empires trop ëtendus ; qui ont produit la règle avec une inclinaison à Tanarchie , et Tanarchie avec une tendance à Tordre et à Pharmonie.
Ceci demanderoit un ouvrage exprès; mais, vu la nature de celui-ci , on y trouvera plutôt ces lois comme je les ai envisage'es que comme je les ai traitées.
C'est un beau spectacle que celui des lois féodales : un chêne antique sVlève (i) ;rœilenToit de loin les feuillages ; il approche ; il en voit la tige ; mais il n'en aperçoit point les racines ; il faut percer la terre pour les trouver.