LIV. XXX, CHAP* fIL
princes sur le nombre et 1» brayoure de leurs compagnons (i). «Cest, ajoute Tacite , la di- » gnitë , c'est la puissance , d'éti^e toujours enntourë d'une feule de jeunes gens* que Voq a » choisis ; c'est un ornement dans la parx , c'est » un rempart dans la guerre. On se rend célèbre » dans sa nation et chez les peuples voisins si »l'on surpasse les autres par lé nombre et le » courage de ses compagnons : on reçoit des pré^ y> sens ; les ambassades viennent de toiHtes parts. » Souvent la réputation décide de la guerre. Dans »le combat^ il est honteux au prince d'être in*- »férieur en courage; il est honteux à la troupe » de ne point égaler la valeur du prince : c'est une » infamie étemelle de lui avoir survécu. L'enga- » gement le plus sacré, c'est de le défendre. Si » une cité est en paix , les princes vont chez celles » qui font la guerre ; c'est par-là qu'ils conser- » vent un grand nombre d'amis, Ceux-rci reçoivent » d'eux le cheval du combat et le javelot terribjle. » Les repas peu délicats , mais grands , 3ont une » espèce de solde pour eux, Le prince ne sou- » tient ses libéralités que par les guerres et les » rapines. Vous leur persuaderiez bien moins de » labourer la terres et d'attendre l'année , que » d'appeler l'ennemi et de recevoir des blessures ;
(i) De maribus Germcmorum^ $ i3 et i4.
» ils n^acquerront pas par la sueur ce qu'ils peu*
» vent obtenir par le sang. »
Ainsi , chez les Germains , il y avoit des vas* saux , et non pas des fiefs. Il n'y avoit point de fiefs, parce que les princes n'avoient point de terres à donner; ou plutôt les fiefs ëtoient des chevaux de bataille , des armes , de» repas. Il y avoit des vassaux, parce qu'il y avoit des hommes fidèles qui ëtoient lies par leur parole , qui ëtoient engages pour la guerre , et qui &isoient à peu près le même service que Ton fit depuis pour les fiefs.