LIV. XtlII, CHAP. II
que la mère peut ordinairement y suffire. Elle a beaucoup plus dVtendue chez les hommes : leurs en£auis ont de la raison; mais elle ne leur vient que par degrës : il ne suffit pas de les nourrir, il faut encore les conduire : dëjà ils pourroient ▼ivre , et ils ne peuvent pas se gouverner.
Les conjonctions illicites contribuent peu à la propagation de Tespèce. Le père , qui a Tobligation naturelle de nourrir et d^ëlever les enfans, n y est point fixé, et la mère, à qui Tobligation reste, trouve mille obstacles, par la honte, les remords, la gène de son sexe , la rigueur des lois : la plupart du temps elle manque de moyens.
Les femmes qui se sont soumises à une prostitution publique ne peuvent avoir la commodité d'élever leurs enfans. Les peines de cette éducation sont même incompatibles avec leur condition : et elles sont si corrompues , qu'elles ne sauroient avoir la confiance de la loi.
Il suit de tout ceci que la continence publique est naturellement jointe à la propagation de Tespèce.
64 DE l'esprit des lois.