‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 35 sur 341 · CHAPITRE V, De (lî?er8 ordres de femmes légitimes · texte numérisé non relu

CHAPITRE V, De (lî?er8 ordres de femmes légitimes

Quelquefois les lois et la religion ont établi plusietirs sortes de conjonctions civiles ; et cela est ainsi chez les Mahométans , où il y a divers ordres de femmes , dont les enfans se reconnoissent par la naissance dans la maison, ou par des contrats civils, ou même par Pesclavage de la mère, et la reconnoissance subséquente du père.

Il seroit contre la raison que la loi flétrît dan3 ly. 5

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les enfans ce qu'elle a approuve dans le père : tous ces enfans j doivent donc succéder, à moins . , que quelque raison particnlière ne s'y oppose , comme au Japon y où il n'y a que les enfans de la femme donnée par l'empereur qui succèdent. La politique j exige que les biens que Tempe*reur donne ne soient pas trop partagés , parce qu'ils sont soumis à un service, comme étoient autrefois nos fie£s.

Il j a des pays où une femme légitime jouit dans la maison à peu près des honneurs qu^a dans nos climats une femme unique : là , les enfans des concubines sont èensés appartenir à la première femme : cela est ainsi établi à la Chine. Le respect filial (i), la cérémonie d'un deuil rigoureux , ne sont point dus à la mère naturelle, mais à cette mère que donne la loi.

A l'aide d'une telle fiction (2), il n'y a plus d'enfans bâtards : et , dans les pays où cette fiction n'a pas lieu , on voit bien que la loi qui légitime les enfans de^ concubines est une loi forcée ; car ce seroit le gros de la nation qui seroit flétri par la loi. Il n'est pas question non

(1) Le P. Dnhalde , tom, II , page i a4-.

(a) Ob dUtingoe les femmes ea grandes et petites, c'est-à-dire ea légitimes oa non ; mais il n'j a point une pareille distinction entre les enfans. Cest ta grande doctrine de t empire , est-il dit dans on ouvrage chinois snr la morale , traduit par le même Père , p. i4o.

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