LIV. XXIII, CHAP. XXIV
n^ëtoit en sûretë que par le nombre de ses habitans , chacun s^attacha avec une attention singulière à faire fleurir son petit pays : ce qui réussit tellement que, maigre les irrëgularitës du gouvernement, le ddfaut des connoîssances qu^on a acquises depuis sur le commerce , le grand nombre de guerres et de querelles qui sVlevèrent sans cesse, il y eut dans la plupart des contrées d'Europe plus de; peuple qu'il n'y en a aujourd'hui.
Je n'ai pas le temps de traiter à fond celle matière ; mais je citerai les prodigieuses armëes des croises , composées de gens de toute espèce. M. Puffendorf dit que, sous Charles IX, il y avoit vingt millions d'hommes en France (i).
Ce sont les perpétuelles réunions de plusieurs petits états qui ont produit cette diminution. Autrefois chaque village de France étoit une capitale ; il n'y en a aujourd'hui qu'une grande : chaque partie de l'état étoit un centre de puissance ; aujourd'hui tout se rapporte à un centre, et ce centre est, pour ainsi dire , l'état même.
(1) Histoire de l'UniTerf , chap. v^ de la France.