‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 70 sur 341 · LIV. XXIII, CHAP. XXVIII. Il · texte numérisé non relu

LIV. XXIII, CHAP. XXVIII. Il

Pour rétablir un état ainsi dépeuplé , on attendroit en vain des secours des enfans qui pourroient naître. Il n^est phis temps; les hommes, dans leurs déserts, sont sans courage et sans industrie. Avec des terres pour nourrir un peuple , on a à peine de quoi nourrir une famille. Le bas peuple, dans ces pays , n^a pas même de part à leur misère , cVst-à-dire aux friches doiltilssont remplis. Le clergé , le prince , les villes , les grands , quelques citoyens principaux , sont devenus insensiblement propriétaires d^ toute la contrée : elle est inculte ; mais les £similles détruites leur en ont laissé les pâtures , et Thomme de travail

n^a rien.

Dans cette situation, il faudroit faire dans toute rétendue de Tempire ce que les Romains faisoient dans une partie du leur : pratiquer dans la disette des habitans ce quUls observoient dans Tabondance, distribuer des terres à toutes les £imilles qui n^ont rien , leur procurer les moyens de les défricher et de les cultiver. Cette distribution devroit se faire à mesure' qu^il y auroit un homme pour la recevoir ; de sotte qu'il n*y eût point de moment perdu pour le iravail.

ir.

Il4 I>£ L^BSPRIT DES LOIS.

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