‹ Œuvres de Montesquieu (volume 4)Chapitre 77 sur 341 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Que la religion catholique conyient mieux à une monarchie, et que la protestante s'accommode mieux d'une république.

Lorsqu'une religion naît et se forme dans un état, elle suit ordinairement le plan du gouvernement où elle est établie : car les hommes qui la reçoivent, et ceux qui la font recevoir, n*ont guère d'autres idées de police que celle de Téta t dans lequel ils sont nés.

Quand la religion chrétienne souffrit, il y a deux siècles , ce malheureux partage qui la divisa

(i) Yoyes Diodore , Iît. II.

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ea catkoKque et en protestante , les )[>ei]ples da nord embrassèrent la protestante, et ceux du midi gardèrent la catholique.

C^est que les peuples du nord ont et auront toujours tm esprit d^indt^pendance et de liberfë que n'ont pas les peuples du midi ; et qu'une religion qui n'a point de chef visible conyieiit mieux h Tindëpendance du climat que celle qui en a un.

Duns les pays mêmes oii la religion protestante s^ëtablit, les rëyolutions se firent sur le plan de l'état politique. Luther, ayant pour lui de grands princes , n'auroit guère pu leur faire goûter une autorité ecclésiastique qui n'auroit point eu de prééihinence extérieure; et Cakin, ayant pour lui des peuples qui Tivoient dans des républiques , ou des bourgeois obscurcis dans des monarchies, pouYoit fort bien ne pas établir des prééminences et des dignités.

Chacune de ces deux religions pouvoit se croire la plus parfaite ; la calviniste se jugeant plus conforme à ce que Jésus-Christ avoit dit, et la luthérienne à ce que les apôtres avoient fait.

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