‹ Œuvres de Montesquieu (volume 5)Chapitre 59 sur 92 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

DE MADAME DE MIREPOIX (i).

La beauté que je chante ignore ses appas» Mortels qui la voyez , dites>lui qu'elle est belle ,

NaÏTe , simple , naturelle ,

Et timide sans embarras.

Telle est la jacinthe nouvelle ;

Sa tête ne s'élève pas

Sur les fleurs qui sont autour d'elle :

Sans se montrer , sans se cacher ,

Elle se plaît dans la prairie :

Elle y pourroit finir sa vie ,

Si l'œil ne venoit l'y chercher.

MiBEPoix reçut en partage ^

La candeur , la douceur , la paix ; Et ce sont entre mille attraits/ Ceux dont plie veut faire usage.

JPour altérer la douceur de ses traits , . Le fier dédain n'osa jamais Se faire voir sur son visage.

Son esprit a cette chaleur

(i) Cette pièce a été traduite en vers italiens pai' l'abbé Venuti.

5bS POESIES.

Du soleil qui commence à naître :

L'Hymen peut parler de son cœur , L'Amour pourroit le méconnoUre.

ADIEUX A GÊNES (i),

En 1^28,

Adibu^ Qênes détestable.

Adieu , séjour de Plutus ; Si le ciel m'est favorable , Je ne vous reyerraî plus.

Adieu , bourgeois > et noblesse Qui n'as pour toutes vertus Qu'une inutile richesse :

Je ne vous 'reverrai plus.

(1) Cette pièce avoit été dôntiéé par Monted<{uieii à ub de ^ea amis , à condition de ne la point faite voir, diiuuit que p'étoit une plaisanterie faite dans un «noment d'humeur, d'autant qu'il ne s'étoit jamais piqué d'être poëte. Il la fît. étant embarqué pour partir de Gênes , où il disoit s'être beaucomp ennuyé , parce qu'il n'y avoit formé aucune liaison , ni trouvé aucun de ces empressemens qu'on lui atoit marqués paHout ailleui's en Italie. Il fâtat que les Génois se soient bien civilisés depols , et aient beaucoup changé de méthode dans l'accueil qu'ils font ai|x éti^ngers { éa bien l'ennui fit que l'auteur voulut se divertir par cette petite satire , qui ne sauroit être prise pour une chose sérieuse , ni comme un jugement de ce voyageur éclairé.

Adieu , superbes palais Oii Tennui , par préférence , A choisi sa résidence ; Je TOUS quitte pour jamais.

Là le magistrat querelle Et vetit chasser les amans , Et se plaint que sa chandelle Brûle depuis trop long-temps.

Le vieu3t noble > quel délteef Voit 9m page h deoil tttt »

Et jouit d'une â^ttrie^ Qui lui fait montrer le Cul.

Vous entendez d*un jocrisse Qui ne dort ni nuit ni jour »

Qu'il a gagné la jaunisse Par l'excès de son amour.

Mais un vent plus favorable A mes Tœux vient se prêter.

Il n'est rien de comparable Au plaisir de vous quitter.

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