‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 14 sur 240 · CLÉANDRE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

CLÉANDRE, DORANTE, CLITON

LE prévôt:

CLEANDRE, au prev6t.

Ah I je suis innocent ; vous me faites injure.

LE PREVOT, à Cléandre.

Si VOUS Fêtes, monsieur, ne craignez aucun mal; Mais comme enfin le mort étoit votre rival.

Et que le prisonni^er proteste d'innocence , Je dois sur ce soupçon vous mettre en sa présence.

CLEANDRE, au prévôt.

Et si pour s'affranchir il ose me charger?

LE PREVOT, à Cléandre.

La justice entre vous en saura bien juger.

Souffrez paisiblement que l'ordre s'exécute.

(à Dorante.)

Vous avez vu, monsieur, le coup qu'on vous impute; Voyez ce cavalier , en seroit-il l'auteur ?

CLEANDRE, bas.

Il va me reconnoître. Ah Dieu ! je meurs dé peur.

DORANTE, au prévôt.

Souffirez que j'examine à loisir soa vi^ge^

(Ikia.) '

C'est lui, mais il n'a fait qu'en homme de Mtti^ge; Ce seroit lâcheté, quoi qu'il puisse arriver. De perdre un si grand cœur quand je puis le sauver : Ne le découvrons point.

CLiANDRK, Ims.

U me connoît, je tremble.

DORANTE, au preT6t.

Ce cavalier, monsieur, n'a rien qui lui ressemble; L'autre est de moindre taille , il a le poil plus blond. Le teint plus coloré , le visage plus rond , Et je le connois moins , tant plus je le contemple.

CLEANDRE, bas.

O générosité qui n'eut jamais d'exemple !

DORANTE

L'habit même est tout autre.

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