TIMAGÈNE
Le prince voire frère....
ANTIOCHUS
Quoi! se voudroit-U rendre à mon bonheurcon traire?
TIMAGENE.
L'ayant cherché long-temps afin de divertir L'ennui que de sa perte il pouvoit ressentir , Je l'ai trouvé^ seigneur, au bout de cette allée Où la clarté du ciel semblé toujours voilée.
Sur un lit de gazon ^ de foiblesse étendu^ .
Il sembloit déplorer ce qu'il avoit perdu; / Son âme à ce penser paroissoit attachée; Sa tête sur un bras languissamment penbhéej, Immobile et rêveur^ en malheureux amant.. .. *
ANTIOCHUS
Enfin que faisoit-il? achevez promptement. •
1 On est f]lché de cette absurdité de Timagéne, qui jetterait quelque ridicule sur cet événement terrible , s'il était possible d'en jeter. Peut-on dire d'un prince assassiné , qu'il est rêveur en malheureux amant sur un lit de gason ? Le moment est pressant et horrible. Séleucus peut avoir un reste de vie , on peut le secourir ; et. Timagène s'amuse à représenter un prince assassiné et baigné dans son sang, comme un berger de l'Astrée rêvant à sa maîtresse sur une couche verte.
• Enfin que faisait ce malheureux amant rêveur? — Monsieur ^ il était mort. C'est une espèce d'arlequinade. Si un auteur hasardait aujourd'hui sur le théâtre une telle incongruité, comme on se récrierait! comme on sifflerait! surtout si l'auteur était mal voulu; cela seul serait capable de faire tomber une pièce nouvelle. Mais le graiid intérêt qui règne dans ce dernier acte, si différent du reste , la terreur de cette situation , et le grand nom de Corneille , couvrent ici tous les défauts.