‹ Œuvres de P. Corneille (volume 2)Chapitre 230 sur 240 · TIMAGÈNE · texte numérisé non relu

TIMAGÈNE

Le prince voire frère....

ANTIOCHUS

Quoi! se voudroit-U rendre à mon bonheurcon traire?

TIMAGENE.

L'ayant cherché long-temps afin de divertir L'ennui que de sa perte il pouvoit ressentir , Je l'ai trouvé^ seigneur, au bout de cette allée Où la clarté du ciel semblé toujours voilée.

Sur un lit de gazon ^ de foiblesse étendu^ .

Il sembloit déplorer ce qu'il avoit perdu; / Son âme à ce penser paroissoit attachée; Sa tête sur un bras languissamment penbhéej, Immobile et rêveur^ en malheureux amant.. .. *

ANTIOCHUS

Enfin que faisoit-il? achevez promptement. •

1 On est f]lché de cette absurdité de Timagéne, qui jetterait quelque ridicule sur cet événement terrible , s'il était possible d'en jeter. Peut-on dire d'un prince assassiné , qu'il est rêveur en malheureux amant sur un lit de gason ? Le moment est pressant et horrible. Séleucus peut avoir un reste de vie , on peut le secourir ; et. Timagène s'amuse à représenter un prince assassiné et baigné dans son sang, comme un berger de l'Astrée rêvant à sa maîtresse sur une couche verte.

• Enfin que faisait ce malheureux amant rêveur? — Monsieur ^ il était mort. C'est une espèce d'arlequinade. Si un auteur hasardait aujourd'hui sur le théâtre une telle incongruité, comme on se récrierait! comme on sifflerait! surtout si l'auteur était mal voulu; cela seul serait capable de faire tomber une pièce nouvelle. Mais le graiid intérêt qui règne dans ce dernier acte, si différent du reste , la terreur de cette situation , et le grand nom de Corneille , couvrent ici tous les défauts.

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